FMH, organisation professionnelle
 

Une fédération au service d’intérêts divers

Dans les années 1970 et 1980, la FMH s’est retrouvée sous pression pour engager des réformes. Les médecins hospitaliers et les sociétés de discipline médicale gagnaient en importance, mais ses structures peinaient à refléter cette évolution.
  • 1973
  • 1979
  • 1981
  • 1987
Vanessa Oskarsson

Vanessa Oskarsson​​​​​​​
​​​​​​​spécialiste en communication, Politique & communication, FMH

Barbara Kull

Barbara Kull
​​​​​​​Coresponsable Politique et communication, FMH

L’adhésion des chefs de clinique à l’Association suisse des médecins-assistants en 1971 a montré combien la composition du corps médical avait changé. La création de la FMH remontait à 1901, une époque où les médecins installés y étaient largement majoritaires. Jusque dans les années 1970, les médecins-assistants ne pouvaient s’y affilier qu’en qualité de membres extraordinaires, sans droit de vote ni d’éligibilité [1, 2]. En 1973, la FMH réagit en octroyant pour la première fois cinq sièges à l’Association suisse des médecins-assistant-e-s et chef-fe-s de clinique (asmac) à la Chambre médicale, suivis quelques années plus tard par un siège au Comité central [3, 4].

Une représentation inappropriée

Ces premières adaptations n’ont tout d’abord guère modifié le déséquilibre de fond. Même si, au début des années 1980, 96 % des médecins adhéraient à la FMH, la composition de la Chambre médicale reflétait mal la réalité du terrain. En 1981, les médecins installés détenaient toujours 80 % des sièges à la Chambre médicale alors qu’ils ne représentaient plus que 47 % des médecins, et les médecins-assistants, qui formaient désormais 38 % du corps médical, ne disposaient que d’un peu plus de 3 % des sièges. La FMH prétendait représenter l’ensemble du corps médical, alors même que d’importants groupes de médecins y étaient sous-représentés [5].

Plus d’influence pour les sociétés de discipline

Les sociétés de discipline médicale et les facultés de médecine ont elles aussi demandé à être mieux prises en compte. Elles menaient leur propre politique professionnelle, mais se sentaient mal représentées au sein des organes existants. Elles considéraient que leur participation à la Commission consultative pour la formation postgraduée et continue n’était qu’un alibi, et que la FMH était un organe chargé de reprendre les décisions prises ailleurs. La FMH s’est ainsi retrouvée dans une situation délicate : censée représenter l’ensemble des médecins, elle était au bord de la rupture en raison de tensions internes [6].

La réforme des structures de 1987

C’est pourquoi une première ébauche de réforme structurelle a vu le jour en 1979 pour se concrétiser en 1987 par une modification des Statuts. Il a ainsi été possible d’assurer une meilleure intégration de l’asmac et des sociétés de discipline médicale au sein de la FMH et, par la même occasion, une meilleure représentation de l’ensemble du corps médical. À l’instar des sociétés cantonales avant elles, ces organisations étaient désormais liées statutairement à la FMH, mais perdaient une partie de leur indépendance. L’asmac s’est vu attribuer dix sièges à la Chambre médicale et les sociétés de discipline médicale un à deux chacune. L’asmac a également obtenu un siège à part entière au Comité central, sans pour autant que ses membres perdent leur statut de membres extraordinaires, sans droit de vote ni d’éligibilité.

L’unité à tout prix

La réforme de 1987 illustre ainsi une double logique. D’une part, la FMH s’ouvrait à de nouveaux groupes, tout en souhaitant les intégrer plus fortement dans ses structures afin de pouvoir continuer à s’exprimer d’une seule voix sur les questions de politique professionnelle et économique. Même si cette stratégie a renforcé l’unité, elle n’a pas forcément fait l’unanimité, car elle limitait l’autonomie d’autres protagonistes [7].

Un pas important, mais pas l’aboutissement

Rétrospectivement, la réforme de 1987 a plus marqué une étape intermédiaire qu’un aboutissement. En intégrant les changements dans la composition du corps médical, elle accordait davantage de visibilité aux médecins hospitaliers et aux sociétés de discipline médicale sans toutefois régler les tensions de fond entre l’aspiration à être représenté et la réalité. C’est précisément ce qui a donné voix à l’appel aux réformes dans les années qui suivirent.

Correspondance

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Littérature

Les articles consacrés aux 125 ans de la FMH se basent sur les recherches de l’Institut d’histoire de la médecine de l’Université de Berne : Bürgin D, Hächler S. 125 Jahre FMH – Ein
Ärzteverband im steten Wandel, 2026. Accessible (en allemand) à l’adresse : https://www.img.unibe.ch/forschung/online_publikationen/index_ger.htm

  1. Verbindung der schweizerischen Ärzte. Statuten, in : Correspondenz-Blatt für Schweizer Ärzte. 1901 ; (19) : 692 ss (cf. archives de la FMH : NA FMH-0856_2, 85 ss)
  2. Statuten der Verbindung der Schweizer Ärzte. Revisionsentwurf des Z.V. Schweiz Ärzteztg. 1928 ; (23) : 264 ss
  3. Statuten der Verbindung der Schweizer Ärzte. Vom 4. Mai 1972. Schweiz Ärzteztg. 1972 ; (38) : 1251 ss
  4. Protokoll der Ärztekammersitzung vom 9. November 1978 (AA B03 1b 1950-1990, 784)
  5. Präsidentenkonferenz vom 16. Juni 1982. Papier « Vorschläge für eine Verbesserung der FMH-Struktur » (AA B 01 1 1952-1999, 590 ss)
  6. Präsidentenkonferenz vom 16. Juni 1982. Papier « Vorschläge für eine Verbesserung der FMH-Struktur » (AA B 01 1 1952-1999, 590-591)
  7. Ott H. Strukturreform der FMH. Schweiz Ärzteztg. 1987 ; (30) : 1329 ss (AA B 01 5 1985-1999, 1552 ss)
  8. Weiterbildung der Schweizer Ärzte. Schweiz Ärzteztg. 1979 ; 60(50) : 2617-2618